v2.2.8 (2209)

HSS - Séminaire - HSS412C : Les barbares et l'Occident : de l'Antiquité au Moyen Age (III°-X°)

Domaine > Humanité et sciences sociales.

Descriptif

 

En 476, le dernier empereur romain d’Occident, Romulus Augustule, est déposé par un général d’origine barbare, Odoacre. Cette date a longtemps été retenue comme celle de la fin de l’Antiquité. Une civilisation se serait effondrée, vaincue par des envahisseurs ou minée par ses propres faiblesses.

En réalité, la déposition de Romulus Augustule ne constitua qu’un événement politique et les contemporains y attachèrent une importance très relative. L’Empire romain continua en effet d’exister en Orient. Pendant deux siècles, la plupart des dirigeants occidentaux — Francs, Ostrogoths, Wisigoths, Burgondes… —  affirmèrent d’ailleurs être les sujets de l’empereur de Constantinople, administrateurs des provinces occidentales au nom de leur lointain commanditaire. Cet Empire romain universel, même s’il devint de plus en plus fictif, continua d’exister jusqu’au couronnement de Charlemagne en 800, voire jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

La longue vie de l’Empire romain ne signifie pas pour autant que le monde occidental soit demeuré invariant au cours du temps. À partir du IIIe siècle de notre ère, la civilisation romaine connut une profonde mutation, due tant à des facteurs internes (crise économique et démographique, changements sociaux, mutations religieuses) qu’à des éléments extérieurs (accroissement de la pression militaire, perte d’influence internationale). Même la composition de la population changea légèrement, avec l’immigration de populations extérieures plus ou moins assimilées. Dans le creuset de l’Empire tardif naquit ainsi une société nouvelle, où les traditions romaines, les aspirations chrétiennes et les innovations introduites par les barbares s’équilibraient et s’interpénétraient.

 

Bibliographie indicative :

Coumert (M.) et Dumézil (B.), Les royaumes barbares d’Occident, Paris, PUF (« Que sais-je ? »), 2010.

Joye (S.), L'Europe barbare, 475-714, Paris, Armand Colin, 2015.

Ward-Perkins, The Fall of Rome and the End of Civilization, Oxford, 2005.

Wickham (C.), The Inheritance of Rome. A History of Europe from 400 to 1000, Londres, 2009.

 
Langue du cours : Français

Credits ECTS : 2

 

Objectifs pédagogiques

Ce séminaire vise à penser l’émergence de cette nouvelle civilisation entre le IIIe et le Xe siècle. L’enseignement sera composé de leçons, relativement synthétiques, et d’une série de dossiers permettant de découvrir des disciplines (archéologie, sociologie, histoire de l’art, droit, historiographie…) dont les résultats se montrent parfois contradictoires et restent donc ouverts au débat. La question qui sous-tendra cet enseignement sera celle des identités (ethniques, religieuses, sociales, sexuelles…) et du possible maintien de la diversité au sein de la chrétienté médiévale.

L’évaluation se fera sous la forme d’un exposé oral, à préparer en groupe.

Format des notes

Numérique sur 20

Littérale/grade réduit

Pour les étudiants du diplôme Diplôme d'ingénieur de l'Ecole polytechnique

Le rattrapage est autorisé

    Le coefficient de l'UE est : 1.5

    La note obtenue est classante.

    Programme détaillé

    Programme indicatif:

    Semaine 1 : Les identités politiques à la fin de l'Empire romain

    Semaine 2 : Ethnicités nouvelles et marqueurs d'appartenances

    Semaine 3 : Le droit et la violence des barbares

    Semaine 4 : Les communautés réligieuses

    Semaine 5 : Une "longue crise économique"?

    Semaine 6 : Femmes "barbares", le temps de opportunités?

    Semaine 7: Réseaux sociaux et élites culturelles

    Semaine 8 : Nomadisme ou nouvelle topographie du pouvoir

    Semaine 9 : Slaves et Vikings, peuples des marges?

    Semaine 10: Dragons, saints et héros, l'imaginaire du premier Moyen Âge

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